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Construire le prévisionnel financier d’un magasin d’optique

Chiffre d’affaires par famille, taux de marque, TVA, tiers payant AMO/AMC, BFR et trésorerie mensuelle : relier les 4 états d’un prévisionnel d’opticien.

Zouhair Habbachpar Zouhair Habbach6 octobre 202620 min de lecture
Construire le prévisionnel financier d’un magasin d’optique
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En bref

  • Un prévisionnel financier d’opticien ne se résume pas à un compte de résultat sur trois ans. Il relie quatre états : résultat, bilan, plan de financement et trésorerie mensuelle.
  • Le chiffre d’affaires se construit par famille à partir de volumes et de prix moyens hors taxes. Il doit être recoupé avec la zone de chalandise, la capacité du magasin et la montée en charge.
  • Le taux de marque rapporte la marge commerciale aux ventes de marchandises. Il se définit par sa formule, puis la rentabilité s’apprécie après les autres charges du magasin.
  • Les lunettes, verres et lentilles relèvent du taux normal de TVA de 20 %. Le résultat se prévoit hors taxes ; la trésorerie suit les encaissements et décaissements toutes taxes comprises, ainsi que les déclarations de TVA.
  • Le tiers payant doit séparer le client, l’Assurance Maladie obligatoire et l’organisme complémentaire. Chaque flux possède son délai et son risque de rejet.
  • Le besoin en fonds de roulement mesure le financement du cycle d’exploitation : positif, il constitue un besoin à financer ; négatif, une ressource. Ne comptez pas deux fois le stock dans le plan de financement.
  • Un scénario combine plusieurs hypothèses cohérentes. La sensibilité retenue ici fait varier une seule hypothèse d’entrée à la fois, les autres restant constantes, pour mesurer son effet.
  • Le seuil de rentabilité, le point mort et le point bas de trésorerie répondent à trois questions différentes.

Le prévisionnel est la traduction financière de tout le travail réalisé auparavant : projet, étude de marché, clientèle, concurrence et organisation. Il ne sert pas à trouver des chiffres qui rendent le dossier présentable. Il sert à vérifier si les choix décrits dans le business plan peuvent fonctionner ensemble.

La question est : quels volumes, prix, coûts et délais conduisent à ce chiffre d’affaires et à cette trésorerie ?

Étape 5 sur 5 — Business plan opticien : la méthode complète

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Série « Construire le business plan d’un magasin d’optique » — étape 5 sur 5

Que contient un prévisionnel financier complet ?

Un modèle cohérent relie au minimum quatre documents. Chacun répond à une question distincte.

Le compte de résultat prévisionnel

Il mesure la performance sur une période : chiffre d’affaires hors taxes, coût des produits vendus, charges, amortissements et impôt. Il indique si le magasin peut être rentable avec les hypothèses retenues.

Le bilan prévisionnel

Il présente ce que l’entreprise possède et ce qu’elle doit : immobilisations, stock, créances, TVA, trésorerie, capitaux propres, emprunts et dettes d’exploitation. Il montre la structure financière construite par le projet.

Le plan de financement

Le plan initial met en regard besoins de démarrage et ressources. Une projection pluriannuelle montre ensuite l’effet des investissements, remboursements, apports et flux générés.

Le plan de trésorerie mensuel

Il enregistre les encaissements et décaissements selon leur date réelle et vérifie si le solde bancaire reste suffisant chaque mois.

Les quatre états doivent être reliés. L’acquisition d’un matériel immobilisé augmente les immobilisations ; son règlement réduit la trésorerie à la date du paiement ; son amortissement commence, en général, à sa mise en service. Un remboursement réduit la banque et la dette ; seul l’intérêt constitue une charge. Une hausse du stock augmente l’actif sans réduire immédiatement le résultat.

Une hypothèse modifiée doit produire ses conséquences dans tous les états.

Comment estimer le chiffre d’affaires par famille ?

Une approche par volumes oblige à expliquer l’origine du chiffre d’affaires. Elle doit ensuite être recoupée avec l’étude de marché et, en reprise, avec l’historique du point de vente.

Pour chaque famille, renseignez :

  • jours d’ouverture ;
  • nombre de contacts ou dossiers utiles ;
  • taux de transformation ;
  • nombre d’équipements ou d’unités par vente ;
  • prix moyen hors taxes ;
  • saisonnalité ;
  • rythme de montée en charge ;
  • part réglée par le client, l’AMO et l’AMC.

Les familles ne suivent pas toutes le même cycle. Progressifs, unifocaux, lentilles, solaires et accessoires ne doivent pas être noyés dans un panier unique. Une visite de service après-vente n’est pas forcément une vente, tandis qu’un dossier peut comprendre plusieurs produits.

La formule de base reste simple :

Chiffre d’affaires HT d’une famille = volume vendu × prix moyen HT

Le volume doit rester compatible avec les postes, le temps client, les horaires et l’effectif. Calculez la capacité à partir de l’organisation réelle, sans taux d’occupation universel.

Deux mécanismes à documenter pour prévoir les volumes

Pour prévoir les volumes d’un magasin d’optique, documentez les règles de renouvellement des équipements et la saisonnalité propre au magasin.

Le rythme de renouvellement. Dans le cadre des contrats complémentaires responsables, la prise en charge d’un équipement composé de deux verres et d’une monture est encadrée par une période de deux ans, avec les renouvellements anticipés prévus par la liste des produits et prestations, notamment pour les enfants de moins de 16 ans et en cas d’évolution de la vue (code de la sécurité sociale, article R. 871-2). Une partie de la demande d’une année donnée est donc déterminée par les équipements délivrés les années précédentes. Vérifiez la règle applicable et ses exceptions dans la liste des produits et prestations en vigueur, puis dites explicitement dans quelle proportion votre hypothèse de volume repose sur du renouvellement et sur de la clientèle nouvelle.

La saisonnalité. L’activité ne se répartit pas uniformément sur l’année. Les solaires, par exemple, suivent leur propre cycle. Un prévisionnel qui divise le chiffre d’affaires annuel en douzièmes égaux se trompe donc deux fois : sur la trésorerie mensuelle, et sur le dimensionnement de l’équipe aux périodes de pointe. Documentez votre propre profil plutôt que d’appliquer une courbe générale.

Création et reprise ne partent pas des mêmes preuves

En création, les volumes reposent sur la zone, les flux observés et la montée en charge. En reprise, partez des ventes historiques par famille, puis documentez départ du cédant, équipe, enseigne, réseaux et travaux. Testez continuité et attrition au lieu de les supposer.

Comment calculer le coût des produits vendus et le taux de marque ?

Le montant des achats de l’année ne correspond pas au coût des marchandises effectivement vendues. Il faut tenir compte de la variation du stock.

Coût d’achat des marchandises vendues = stock initial + achats nets de l’exercice − stock final

Retenez un périmètre cohérent : achats de marchandises nets des réductions commerciales, frais accessoires d’achat inclus, et stocks valorisés au coût d’acquisition avant dépréciation.

Dans le prévisionnel, estimez les remises et ristournes fournisseurs à partir des contrats et des volumes d’achat prévus, sans retenir une remise dont la condition ne serait pas atteinte. En trésorerie, prévoyez soit un remboursement, soit une diminution du règlement fournisseur, selon les modalités contractuelles.

La marge commerciale est ensuite :

Marge commerciale = ventes de marchandises HT − coût d’achat des marchandises vendues

Le chiffre d’affaires d’un magasin d’optique peut comprendre, outre les ventes de marchandises, des prestations facturées. Ces dernières n’entrent pas dans le calcul de la marge commerciale : les retenir gonflerait artificiellement le résultat de la formule.

Le taux utile pour exprimer cette marge en pourcentage des ventes est le taux de marque :

Taux de marque = marge commerciale / ventes de marchandises HT

Le taux de marge utilise un autre dénominateur, le coût d’achat. Le coefficient multiplicateur répond encore à un autre calcul. Indiquez toujours la formule avant de comparer votre résultat à une publication sectorielle.

Construisez le taux de marque par famille avec vos conditions d’achat. N’utilisez pas de fourchette nationale non définie. Pour la classe A, la réglementation fixe des prix limites de vente, pas une marge.

Le modèle peut distinguer les équipements entièrement en classe A, les panachages et les équipements entièrement en classe B. Si les deux formes de panachage sont significatives, séparez aussi monture A avec verres B et monture B avec verres A.

Comment classer les charges sans mélanger résultat et trésorerie ?

La distinction entre charges fixes et variables aide à calculer le seuil ; certaines dépenses sont mixtes.

Charges fixes

Elles évoluent peu à court terme avec le volume : loyer, assurances, abonnements, honoraires récurrents, salaires permanents ou dotations aux amortissements.

Charges variables

Elles suivent directement les ventes : coût des produits vendus, commissions variables ou certains frais liés à chaque transaction.

Charges mixtes

Elles comprennent une base fixe et une composante variable : énergie, maintenance, frais bancaires, publicité, rémunérations variables, redevances ou cotisations calculées en partie sur le chiffre d’affaires.

Construisez la masse salariale poste par poste avec date d’embauche, salaire, cotisations, congés et convention collective applicable. La rémunération du dirigeant demande un traitement adapté à la forme juridique et au régime fiscal. Dans une entreprise individuelle relevant de l’impôt sur le revenu, les prélèvements personnels de l’exploitant ne constituent pas une charge : prévoyez-les en trésorerie. Dans une société relevant du régime fiscal des sociétés de personnes, la rémunération de l’associé dirigeant n’est en principe pas déductible du résultat fiscal ; si elle est comptabilisée en charge, prévoyez sa réintégration fiscale. À l’impôt sur les sociétés, y compris pour une entreprise individuelle ayant opté pour son assimilation fiscale à une EURL, la rémunération est en principe déductible si elle correspond à un travail effectif et n’est pas excessive. Modélisez séparément les cotisations sociales selon le statut du dirigeant.

Ne mettez pas l’échéance complète de prêt dans les charges. Les intérêts vont au compte de résultat. Le capital remboursé apparaît dans le plan de trésorerie et réduit la dette au bilan. Les amortissements réduisent le résultat mais ne provoquent pas de sortie de banque au moment de leur comptabilisation.

Quelle TVA appliquer dans le prévisionnel d’un opticien ?

Le prévisionnel de résultat est construit hors taxes, mais la trésorerie doit intégrer la TVA.

Les lunettes, verres et lentilles relèvent du taux normal de 20 % prévu par l’article 278 du code général des impôts. Le taux réduit de 5,5 % réservé aux appareillages pour personnes handicapées (article 278-0 bis, A-2°) ne leur est pas applicable, ce que confirme le BOFiP relatif aux appareillages et équipements pour personnes handicapées. Le taux dépend du produit vendu, non de la qualité du payeur : le tiers payant ne le modifie pas.

Le modèle doit suivre :

  • TVA collectée sur les ventes ;
  • TVA déductible sur les achats de stock et charges ;
  • TVA déductible sur les investissements ;
  • crédit de TVA initial éventuel ;
  • périodicité et date des déclarations ;
  • paiement ou demande de remboursement selon le régime applicable.

Pour une livraison de biens, la TVA est exigible à la livraison ; un acompte encaissé avant la livraison la rend exigible à concurrence du montant encaissé (CGI, article 269). Paramétrez ces événements dans le prévisionnel, indépendamment du règlement ultérieur par l’AMO ou l’AMC.

Cette différence est essentielle : le compte de résultat enregistre un chiffre d’affaires HT, la créance et l’encaissement sont TTC, et la TVA peut devoir être reversée avant l’encaissement complet. Un modèle sans tableau de TVA surestime donc facilement la trésorerie disponible.

Cas particulier : audioprothèse
Les appareils électroniques de correction de la surdité relèvent du taux de 5,5 % (article 278-0 bis, A-2° du code général des impôts), contrairement aux lunettes. L’administration admet ce taux pour les prothèses auditives marquées CE, même lorsqu’elles ne sont pas inscrites à la liste des produits et prestations remboursables (BOFiP BOI-TVA-LIQ-30-10-50, § 50). Les accessoires et pièces détachées suivent des règles propres, à vérifier produit par produit. Le suivi inclus dans l’offre soulève également une question de rattachement comptable qui dépend du contrat et de l’identification d’une prestation restant à réaliser. Ne transposez pas automatiquement le modèle optique : consultez notre guide d’ouverture d’un centre auditif et validez séparément TVA et éventuels produits constatés d’avance.

Comment séparer les encaissements client, AMO et AMC ?

Une même vente peut produire trois flux :

FluxDébiteurHypothèse à documenter
Reste à chargeClientacompte, paiement à la remise ou financement
Part obligatoireAssurance Maladie obligatoiredélai de télétransmission et de règlement
Part complémentaireOrganisme complémentaire ou plateformedélai contractuel, contrôle et rejet

Ne retenez pas un délai sectoriel unique. Paramétrez chaque circuit à partir des conventions, des informations de la plateforme et, en reprise, de l’ancienneté réelle des créances.

Ajoutez une hypothèse de rejet et une durée de résolution. Un rejet n’est pas automatiquement une perte, mais il retarde l’encaissement ; une créance non régularisée peut ensuite devenir douteuse ou irrécouvrable.

Le plan de trésorerie doit donc décaler les encaissements sans décaler artificiellement le chiffre d’affaires. Il doit aussi suivre les créances au bilan afin de vérifier la cohérence entre le compte de résultat, le bilan et le plan de trésorerie.

Comment calculer le besoin en fonds de roulement ?

Le besoin en fonds de roulement mesure le financement immobilisé dans le cycle d’exploitation.

BFR = stocks + créances clients et organismes + autres créances d’exploitation − dettes fournisseurs − dettes fiscales et sociales − autres dettes d’exploitation

Le BFR n’est pas une immobilisation comptable. Positif, il constitue un besoin à financer ; négatif, une ressource d’exploitation. Le plan de financement initial retient son montant de départ ; les périodes suivantes retiennent sa variation. Une fois le magasin ouvert, son suivi relève du pilotage de la trésorerie.

Attention au stock initial : si vous l’intégrez dans le calcul du BFR, ne l’ajoutez pas une seconde fois comme emploi autonome. Deux présentations sont possibles :

  1. afficher le BFR complet, stock compris ;
  2. afficher séparément le stock initial et un « BFR hors stock » clairement défini.

Dans les deux cas, le total doit être identique et traçable au bilan.

Le BFR varie avec stock, délais AMO et AMC, acomptes, crédit fournisseur, dettes fiscales et sociales et saisonnalité. La croissance peut consommer du cash lorsque ce besoin augmente : le modèle doit le démontrer.

Le plan de financement initial peut comprendre, selon le projet, immobilisations, dépôt de garantie, frais directement attribuables, BFR et marge de sécurité. En face figurent les apports, comptes courants, emprunts et aides confirmées. Traitez à part le crédit-bail : il ne procure aucun encaissement au magasin, les loyers constituent des charges et le bien n’entre à l’actif qu’à la levée de l’option. Il réduit le besoin à financer au plan initial, sans figurer parmi les ressources. Une aide espérée ne devient une ressource qu’une fois ses conditions vérifiées. Les grands postes du budget d’ouverture sont présentés dans notre guide ouvrir un magasin d’optique : budget et financement. Nous détaillons le montage et la présentation du dossier sur notre page financement d’un projet d’optique.

Quelle différence entre un scénario et une sensibilité ?

Un scénario rassemble des hypothèses cohérentes entre elles. Le scénario central décrit le cas défendable. Le scénario dégradé associe, par exemple, une montée en charge plus lente, un mix différent et un délai AMC plus long. Un scénario favorable peut être utile, mais il ne remplace jamais l’analyse des risques.

Dans ce guide, une sensibilité désigne l’analyse la plus simple : elle fait varier une seule hypothèse d’entrée à la fois, en conservant les autres hypothèses constantes et en recalculant tous les résultats qui en dépendent. Elle répond à des questions comme :

  • quel est l’effet d’un volume inférieur ?
  • que produit un point de taux de marque en moins à ventes constantes ?
  • quel besoin supplémentaire apparaît si le délai AMC s’allonge ?
  • quel est l’effet d’une embauche avancée ?

À ventes de marchandises constantes, une baisse d’un point de taux de marque réduit la marge commerciale d’un montant égal à 1 % de ces ventes. Son effet final dépend ensuite des autres charges et de la fiscalité.

Présentez les scénarios sur une page avec les hypothèses qui changent, le résultat, le besoin maximal de financement et le point bas de trésorerie. Conservez les calculs détaillés en annexe.

Quels sont les trois repères à calculer ?

Le seuil de rentabilité

Il correspond au chiffre d’affaires hors taxes pour lequel la marge sur coûts variables couvre les charges fixes.

Seuil de rentabilité = charges fixes / taux de marge sur coûts variables

Le périmètre des charges doit être défini et les montants exprimés dans des unités homogènes.

Le point mort

Le point mort est la date à laquelle le seuil de rentabilité est atteint, compte tenu de la saisonnalité. Ce n’est pas un second montant de chiffre d’affaires.

Le point bas de trésorerie

Il s’agit du solde bancaire minimal atteint dans le plan mensuel. Il intègre notamment BFR, TVA, investissements, emprunts, impôts et décalages d’encaissement. Un projet peut atteindre son seuil comptable tout en conservant une trésorerie tendue, mais cet écart doit ressortir du modèle et non d’une règle générale.

Calculez aussi le mois où les flux de trésorerie d’exploitation redeviennent durablement positifs, en définissant précisément ce que vous incluez.

Comment transformer le prévisionnel en budget et en plan d’action ?

Après le financement, le modèle doit devenir un budget mensuel. Ne divisez pas simplement l’année par douze : utilisez l’historique en reprise ou des hypothèses de saisonnalité documentées en création.

Chaque mois, comparez budget et réel sur un nombre limité d’indicateurs :

  • volumes et chiffre d’affaires HT par famille ;
  • prix moyen et taux de marque par famille ;
  • stock et rotation ;
  • créances AMO et AMC, avec leur ancienneté ;
  • rejets en attente ;
  • charges de personnel et autres charges significatives ;
  • TVA à payer ou crédit ;
  • trésorerie réelle et prévision à court terme.

Parlez d’arrêté ou de reporting mensuel, pas de clôture juridique mensuelle. Pour lire une marge par famille, il faut ventiler ventes, achats, remises et variation de stock de façon cohérente. Un plan de comptes détaillé ne suffit pas si l’inventaire et les mouvements de stock ne suivent pas la même nomenclature.

Le plan d’action associé

Chaque seuil d’alerte doit conduire à une décision préparée :

  • volume inférieur : revoir acquisition, horaires, transformation et calendrier d’embauche ;
  • taux de marque inférieur : analyser achats, remises, mix et erreurs de ventilation ;
  • stock trop élevé : ralentir les achats et traiter les références anciennes ;
  • créances anciennes : prioriser rejets et relances par débiteur ;
  • point bas plus faible que prévu : différer une dépense, sécuriser une ressource ou actualiser le plan avec la banque.

Le budget n’a de valeur que si les responsables, la fréquence et les actions sont définis avant l’écart.

Checklist avant de remettre le dossier

  • Présentez les quatre états et reliez-les entre eux.
  • Vérifiez que le bilan s’équilibre à chaque clôture.
  • Construisez le chiffre d’affaires à partir de volumes et de prix HT par famille.
  • Intégrez la variation de stock dans le coût des produits vendus.
  • Écrivez la formule du taux de marque retenu.
  • Classez les charges en fixes, variables ou mixtes.
  • Placez intérêts, capital remboursé et amortissements chacun dans le bon état.
  • Modélisez la TVA à 20 % sur l’optique dans la trésorerie.
  • Séparez les encaissements du client, de l’AMO et de l’AMC.
  • Incluez dans le BFR tous les postes d’exploitation pertinents.
  • Ne comptez le stock initial qu’une seule fois.
  • Distinguez scénarios et sensibilités.
  • Calculez séparément le seuil de rentabilité, le point mort et le point bas de trésorerie.
  • Donnez à chaque hypothèse une source, une date et un responsable.
  • Vérifiez que le scénario dégradé reste financé ; sinon, rattachez-lui un plan d’action explicite.

Se faire accompagner

Les hypothèses d’activité appartiennent au porteur de projet. La construction des quatre états, le traitement de la TVA, la cohérence du BFR et les tests de financement demandent ensuite une mécanique comptable rigoureuse.

Capway Finance propose une mission de construction ou de revue du prévisionnel financier d’un projet de magasin d’optique : établissement des quatre états à partir de vos données, contrôle de leur cohérence et préparation d’un budget que vous pourrez comparer au réel après l’ouverture.

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La série en 5 étapes

Vue d'ensemble de la méthode, du contenu du dossier et des livrables : Business plan opticien : la méthode complète.

  1. Cadrer le projet avant les chiffres
  2. Réaliser l'étude de marché
  3. Analyser la clientèle et la concurrence
  4. Lire les comptes du magasin
  5. Construire le prévisionnel financier (vous êtes ici)

Sources

Ces sources sont citées en clair : retrouvez-les par leur intitulé sur les sites officiels correspondants.


Article rédigé par Zouhair Habbach, expert-comptable inscrit au tableau de l’Ordre des experts-comptables, région Paris Île-de-France, fondateur de Capway Finance, cabinet d’expertise comptable qui accompagne les opticiens et les audioprothésistes. Contenu à portée informative générale : il ne remplace pas une analyse adaptée à votre projet.

Questions fréquentes

Quels documents doit contenir le prévisionnel financier d’un opticien ?

Au minimum, un compte de résultat, un bilan prévisionnel, un plan de financement et un plan de trésorerie mensuel. Les quatre doivent être reliés afin qu’une modification de volume, de stock, d’investissement ou d’emprunt produise ses effets partout.

Sur combien d’années faut-il établir le prévisionnel ?

La durée dépend du financeur et du projet. Une présentation sur trois exercices est courante pour le résultat et le bilan, tandis que la trésorerie doit être mensualisée au moins sur la phase de démarrage. Vérifiez toujours les attentes précises de la banque.

Quel taux de TVA appliquer aux lunettes et lentilles ?

Les lunettes, verres et lentilles ne bénéficient pas du taux réduit prévu pour certains appareillages destinés aux personnes handicapées. Ils relèvent du taux normal de 20 %. Les prothèses auditives marquées CE bénéficient en revanche du taux de 5,5 %, même lorsqu’elles ne sont pas inscrites à la liste des produits et prestations remboursables ; leurs accessoires et pièces détachées s’examinent séparément.

Comment calculer le chiffre d’affaires prévisionnel ?

Construisez-le par famille : volume vendu multiplié par prix moyen hors taxes. Le volume est lui-même relié aux jours d’ouverture, aux contacts utiles, à la transformation, aux unités par dossier, à la saisonnalité et à la montée en charge.

Faut-il raisonner en taux de marque ou en taux de marge ?

Le taux de marque est le plus pratique pour projeter la marge à partir des ventes : taux de marque = marge commerciale / ventes de marchandises HT. Le taux de marge rapporte la même marge au coût d’achat des marchandises vendues. Les deux sont utilisables si leur formule est écrite, et les prestations facturées se traitent à part. La différence entre les deux notions, et la façon de les calculer sans se tromper, est détaillée dans le guide lire les comptes d’un magasin d’optique.

Comment intégrer le tiers payant dans la trésorerie ?

Séparez le paiement du client, la créance sur l’Assurance Maladie obligatoire et celle sur l’organisme complémentaire. Appliquez à chaque flux un délai documenté, puis ajoutez une hypothèse de rejet et de résolution.

Le BFR est-il un investissement ?

Non. Le BFR n’est pas une immobilisation : il correspond aux stocks et créances d’exploitation diminués des dettes d’exploitation. Positif, il constitue un besoin à financer ; négatif, une ressource. Dans le plan de financement initial, ne comptez pas deux fois le stock ; pour les périodes suivantes, retenez la variation du BFR.

Quelle différence entre scénario et sensibilité ?

Un scénario combine plusieurs hypothèses cohérentes. La sensibilité retenue ici fait varier une seule hypothèse d’entrée à la fois, les autres restant constantes, pour mesurer ses effets sur le modèle. Les deux analyses sont complémentaires.

Pourquoi peut-on être rentable et manquer de trésorerie ?

Le résultat ne suit pas les dates d’encaissement et de décaissement. Une hausse du stock ou des créances, un remboursement de capital, la TVA ou un investissement peuvent consommer de la trésorerie sans constituer une charge équivalente du compte de résultat.

Zouhair Habbach

Zouhair Habbach

Expert-comptable, fondateur de Capway Finance — le cabinet spécialiste des opticiens et audioprothésistes. Inscrit à l'Ordre des Experts-Comptables de Paris Île-de-France.

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