Vous êtes… · Opticien qui crée ou reprend

Ouvrir ou reprendre un magasin d'optique.

Création de la société incluse dans le forfait Cap Départ, à partir de 219 € HT par mois. Un cabinet spécialisé opticiens reprend avec vous le prix du fonds, le stock, le bail, les salariés, le prévisionnel pour la banque et la forme juridique, de la lettre de mission à la première déclaration de CFE.

Expert-comptable spécialisé création et reprise de magasin d'optique

Créer ou reprendre un magasin d'optique : que choisir ?

Reprendre, c'est acheter une clientèle et un historique, donc payer un prix qu'il faut pouvoir justifier par les comptes. Créer, c'est payer moins à l'entrée mais porter seul la montée en charge. Le bon choix dépend de l'emplacement visé, de votre apport et du temps que vous pouvez attendre avant de vous rémunérer.

CritèreCréationReprise
Ce que vous achetezUn projet : local à louer, agencement, matériel, stock de départ.Un fonds de commerce : clientèle, droit au bail, matériel, stock, souvent des salariés.
ClientèleÀ construire : le prévisionnel repose sur des hypothèses.Existante : l'historique du cédant sert de base, à vérifier.
Risque principalLe rythme de montée en charge du chiffre d'affaires.Payer un prix que les comptes réels ne justifient pas.
FinancementDossier bâti sur un projet et un emplacement.Dossier bâti sur des comptes passés et un prix négocié.
Formalités propresConstitution de la société, bail neuf.Constitution, acte de cession, publicité, délai d'opposition, droits d'enregistrement.

Vous ouvrez sous enseigne ? Voir la page opticien en franchise. Un second magasin ? Voir la page multi-sites.

Que vérifier avant de reprendre un magasin d'optique ?

Avant de signer un compromis, on vérifie que les comptes du cédant sont réels, que le stock vaut ce qu'on paie, que le bail tient et que l'on sait ce que l'on reprend en salariés et en créances. Douze points, à lire avec les pièces sous les yeux.

  • Les trois derniers bilans et comptes de résultat du cédant, et la cohérence du chiffre d'affaires avec les relevés bancaires.
  • La répartition des ventes par famille (montures, verres, lentilles, solaires) et la part réalisée en classe A.
  • Le stock, inventorié contradictoirement à la date de reprise, référence par référence, avec les montures anciennes ou invendables à part.
  • Le bail : durée restante, loyer, destination autorisée, clause de garantie du cédant, formalités de cession prévues.
  • Les salariés : contrats, ancienneté, temps de travail, application de la convention collective de l'optique-lunetterie de détail (IDCC 1431).
  • Les créances de tiers payant au jour de la reprise : qui les encaisse, et qui supporte les rejets de facturation.
  • Les conventions avec les réseaux de soins et les plateformes des complémentaires : se transfèrent-elles, à quelles conditions.
  • Les contrats fournisseurs et les accords de remises de fin d'année : sont-ils attachés au cédant ou au magasin.
  • Les contrats de location ou de crédit-bail du matériel (réfraction, atelier, logiciel).
  • La conformité du local : accessibilité, enseigne, éventuels travaux exigés par le bailleur.
  • Les dettes fiscales et sociales du cédant, qui restent les siennes mais pèsent sur le délai de paiement du prix.
  • La clause de non-concurrence du cédant : durée, périmètre géographique.

Le détail de l'audit d'un fonds est sur la page reprendre un magasin d'optique.

Combien coûte un fonds et comment se paie-t-il ?

Le prix d'un fonds d'optique se négocie à partir de sa rentabilité réelle, pas d'un barème. À ce prix s'ajoutent le stock, payé à part, et les droits d'enregistrement. Le paiement au cédant attend la fin du délai d'opposition de ses créanciers.

La valeur. On croise plusieurs méthodes (rentabilité, multiple de l'excédent brut d'exploitation, chiffre d'affaires, actif) et on corrige par la qualité de l'emplacement, du bail et des salariés en place. Aucune fourchette n'est donnée ici : elle n'aurait de sens que sur vos comptes. La méthode est détaillée sur la page valorisation d'un magasin d'optique.

Les droits d'enregistrement. Payés par l'acquéreur sur le prix de la clientèle, du droit au bail et du matériel : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 € à 200 000 €, 5 % au-delà, taxes locales comprises (article 719 du code général des impôts).

Le paiement du prix. La vente est publiée dans un support d'annonces légales puis au BODACC. Les créanciers du vendeur disposent ensuite de dix jours pour faire opposition sur le prix (article L141-14 du code de commerce). C'est pourquoi le prix est en pratique placé sous séquestre jusqu'à l'expiration de ce délai.

Fonds ou titres. Racheter le fonds, c'est acheter des actifs avec une société neuve. Racheter les titres de la société existante, c'est reprendre la société avec son passé : ses dettes, ses contrats, ses éventuels redressements. Les formalités, la fiscalité et l'audit ne sont pas les mêmes.

L'amortissement fiscal du fonds. Pour un fonds commercial acquis entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2029, son amortissement est déductible du résultat imposable (article 39, 1, 2° du code général des impôts, prorogé par la loi de finances pour 2026), sauf acquisition auprès d'une entreprise liée.

Stock et salariés. Le stock se compte et se valorise à la date de reprise, puis se paie à part. Les contrats de travail suivent le fonds lorsque celui-ci forme une entité économique autonome qui conserve son identité (article L1224-1 du code du travail) : c'est le cas habituel, pas une règle sans exception. Les deux sujets sont détaillés sur la page reprendre un magasin.

Comment financer l'ouverture ou la reprise ?

Le financement associe en général votre apport, un prêt bancaire et, selon les cas, un prêt d'honneur qui renforce les fonds propres. Le banquier décide sur un plan de financement, des comptes prévisionnels et un seuil de rentabilité qu'il peut relier à votre projet.

Un repère, avec son périmètre. L'analyse sectorielle « Optique » du Conseil national de l'Ordre des experts-comptables (édition 2025) retient comme norme que les fonds propres représentent environ 40 % des financements extérieurs. C'est une norme de place, pas une règle bancaire : chaque banque fixe ses propres exigences.

Le prévisionnel. Il chiffre le plan de financement, trois exercices de compte de résultat et la trésorerie mois par mois. Chez Capway Finance c'est une mission distincte, à 750 € HT. Il ne garantit pas l'accord de la banque : il lui donne de quoi décider.

La démarche est détaillée sur la page business plan, dans la série business plan opticien, dans l'article sur le prévisionnel financier et dans le guide budget et financement d'une ouverture.

Un cas construit pour l'exemple.

Une reprise de fonds à 150 000 €, avec 20 000 € de stock.

150 k€
Prix du fonds
3 810 €
Droits d'enregistrement
173,8 k€
À financer

Droits : 3 % sur la part du prix comprise entre 23 000 € et 150 000 €, soit 3 % × 127 000 € = 3 810 €. Besoin : 150 000 € + 20 000 € de stock (régime de droits propre, non chiffré ici) + 3 810 € = 173 810 €, avant agencement, honoraires de l'acte, dépôt de garantie et trésorerie de démarrage. Si l'on applique le repère CNOEC de fonds propres à environ 40 % des financements extérieurs, soit des fonds propres égaux à 0,4 fois l'emprunt, l'apport à réunir avoisinerait 50 000 €, pour environ 124 000 € empruntés. Cas construit pour l'exemple, qui ne constitue pas une référence sectorielle.

SASU, SAS ou SARL : comment choisir ?

On choisit d'abord selon le nombre d'associés et le statut social voulu pour le dirigeant, puis selon la rémunération envisagée et l'entrée éventuelle d'investisseurs. Aucune forme n'est meilleure en soi : c'est le calcul sur vos chiffres qui tranche.

  • Seul ou à plusieurs : la SASU et l'EURL pour un associé unique, la SAS et la SARL dès deux associés.
  • Le statut social du dirigeant : le président de SAS est assimilé salarié, le gérant majoritaire de SARL relève du régime des indépendants (article L311-3 du code de la sécurité sociale). Les cotisations et la protection diffèrent.
  • La rémunération : salaire, dividendes ou un mélange, avec des effets différents sur les cotisations et la retraite.
  • L'entrée d'investisseurs ou d'un associé opticien plus tard : la SAS laisse plus de liberté dans les statuts.
  • Le financement : la banque regarde l'apport et les cautions, pas la forme seule.

Un non-opticien peut créer ou gérer le magasin : depuis 2014, le code de la santé publique réserve aux opticiens-lunetiers la délivrance des verres et lentilles correctrices, pas la direction de l'entreprise (article L4362-9).

Quelles spécificités comptables pour un magasin d'optique ?

Un magasin d'optique encaisse une partie de ses ventes par le tiers payant, vend sous un régime de prix encadré pour la classe A, applique la TVA à 20 % et emploie sous une convention collective propre. Le prévisionnel et la tenue doivent en tenir compte dès le premier mois.

Le tiers payant. En 2024, la dépense d'optique médicale a été financée à 4 % par la Sécurité sociale, 68 % par les organismes complémentaires et 28 % par les ménages (DREES, Les dépenses de santé en 2024, fiche 16). Ces chiffres décrivent le financeur final au niveau national, pas les encaissements d'un magasin, qui dépendent du tiers payant réellement pratiqué. Les créances sur complémentaires pèsent sur la trésorerie et se suivent à part.

Le 100 % Santé. Les équipements de classe A ont des prix limites de vente ; la classe B est en tarif libre. Un supplément d'accompagnement de 42 € TTC par équipement complet de classe A est facturable jusqu'au 31 décembre 2026 par les points de vente éligibles (plus de 65 % de classe A sur la période de référence) ; aucune reconduction n'est publiée. Il ne doit pas entrer dans un prévisionnel au-delà de cette date.

La TVA. Verres, montures et lentilles sont au taux de 20 % ; le taux réduit de 5,5 % ne les vise pas (BOFiP, BOI-TVA-LIQ-30-10-50, § 70).

La paie. Les salariés relèvent de la convention collective de l'optique-lunetterie de détail (IDCC 1431).

Des repères, avec leur périmètre. Pour les 157 sociétés d'optique de la base Diane dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 400 000 € (données 2023), l'analyse sectorielle du CNOEC relève une marge de 54,3 %, des charges de personnel de 32,2 %, un excédent brut d'exploitation de 6,1 % du chiffre d'affaires et un besoin en fonds de roulement de 51 jours de chiffre d'affaires. Ce sont des moyennes d'un échantillon, pas des objectifs.

Quelles sont les étapes, de la lettre de mission à la 1447-C ?

Huit étapes, dans cet ordre : la lettre de mission d'abord, le dépôt du capital avant la signature des statuts, le guichet unique ensuite, puis l'ACRE et la déclaration de CFE.

01

Lettre de mission signée

Elle fixe le périmètre et le prix avant tout travail. Aucune mission ne démarre sans elle.

02

Choix de la forme juridique

SASU, SAS ou SARL, selon le nombre d'associés, le statut social souhaité et la rémunération envisagée.

03

Projet de statuts

Rédigé sur votre situation ; il sert aussi au banquier, qui le demande pour ouvrir le compte.

04

Dépôt du capital

Il se fait avant la signature des statuts : le certificat du dépositaire fait partie du dossier de dépôt.

05

Signature des statuts et annonce légale

Les statuts sont signés, puis l'avis de constitution est publié dans un support habilité.

06

Dépôt au guichet unique

Le dossier part au greffe par le guichet unique. Aucune date d'immatriculation n'est promise : elle dépend du greffe.

07

Demande d'ACRE

Elle n'est pas automatique : elle se demande dans les 60 jours, pour les catégories prévues par la loi, et l'exonération est plafonnée à 25 % des cotisations concernées.

08

Déclaration 1447-C

La déclaration de CFE se dépose avant le 1er janvier qui suit la création ; la cotisation n'est pas due la première année.

Que comprend l'accompagnement, et à quel prix ?

À partir de 219 € HT/mois, création incluse. Prévisionnel : 750 € HT. Paie facturée au bulletin. Tarif indicatif selon le périmètre, détaillé sur la page des tarifs.

Création de la société incluse dans le forfait Cap Départ : statuts, annonce légale, dépôt au guichet unique (frais de greffe et d'annonce refacturés à l'euro près)
Analyse des formes juridiques possibles (SASU, SAS, SARL) selon votre situation, sans issue décidée d'avance
Prévisionnel bancaire en mission distincte : 750 € HT, une fois
Lecture des documents de la reprise : comptes du cédant, inventaire du stock, bail, contrats de travail
Tenue comptable mensuelle avec analytique magasin (montures, verres, classe A/B)
Déclarations fiscales obligatoires : TVA, CFE, IS, liasse fiscale
Paie selon la CCN de l'optique-lunetterie de détail, facturée au bulletin
Calendrier des démarches après immatriculation : ACRE, 1447-C, premières échéances
Juridique annuel : approbation et dépôt des comptes
Accès direct à votre expert-comptable en visio

Questions fréquentes

Quel budget prévoir pour ouvrir un magasin d'optique ?+

Le budget dépend surtout du local, de l'agencement et du stock. L'analyse sectorielle Optique du CNOEC (2025) cite un coût d'aménagement de 400 à 1 300 € par m² et un investissement d'ouverture de l'ordre de 400 000 €, dont environ 60 % pour le fonds de commerce lorsqu'il y en a un. Ce sont des repères publiés, pas un devis : seul un prévisionnel bâti sur votre local donne votre budget.

Combien rapporte un magasin d'optique ?+

Pour les sociétés d'optique réalisant au plus 400 000 € de chiffre d'affaires, l'analyse sectorielle du CNOEC (2025, données 2023) relève un chiffre d'affaires moyen d'environ 220 000 € et un résultat net moyen de 5,7 % du chiffre d'affaires. Ces moyennes décrivent un échantillon de 157 sociétés : elles ne disent rien du résultat d'un magasin donné, qui dépend de la rémunération du dirigeant, du loyer et de la marge.

Comment ouvrir son magasin après un BTS opticien-lunetier ?+

Le BTS opticien-lunetier permet d'exercer la délivrance des verres correcteurs. Ouvrir son propre magasin demande en plus une société (ou une entreprise individuelle), un local, un financement et un prévisionnel présenté à la banque. Les étapes de création sont détaillées plus haut sur cette page.

Combien coûte un fonds de commerce d'optique ?+

Il n'existe pas de prix de marché fiable à appliquer d'office. Le prix se construit à partir des comptes réels du magasin, de sa rentabilité, du bail et de l'emplacement, en croisant plusieurs méthodes. S'y ajoutent le stock, payé à part, et les droits d'enregistrement, calculés par tranche, taxes locales comprises : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 € à 200 000 €, 5 % au-delà (article 719 du code général des impôts).

Comment financer la reprise d'un magasin d'optique ?+

Le financement associe en général un apport personnel, un prêt bancaire et parfois un prêt d'honneur. Le banquier lit un plan de financement et des comptes prévisionnels. Selon le CNOEC, la norme de place veut que les fonds propres représentent environ 40 % des financements extérieurs ; ce repère n'est pas une règle bancaire.

Faut-il être opticien diplômé pour ouvrir un magasin d'optique ?+

Non. Depuis la loi n° 2014-344 du 17 mars 2014, l'article L4362-9 du code de la santé publique réserve la délivrance des verres correcteurs et des lentilles correctrices aux opticiens-lunetiers. Un non-opticien peut donc créer ou gérer le magasin, mais la délivrance doit être assurée par un opticien autorisé à exercer.

Le bail commercial se cède-t-il avec le fonds d'optique ?+

Oui. Une clause du bail qui interdit de céder le bail à l'acquéreur du fonds est réputée non écrite (article L145-16 du code de commerce). Les formalités de cession prévues au bail, comme l'intervention du bailleur à l'acte, restent en revanche à respecter.

Les salariés du magasin repris restent-ils en poste ?+

Le plus souvent, oui : l'article L1224-1 du code du travail transfère les contrats de travail lorsque le fonds repris constitue une entité économique autonome qui conserve son identité, ce qui est le cas habituel d'un magasin vendu en activité. Le transfert n'est pas automatique dans toutes les situations.

L'ACRE est-elle automatique quand on crée sa société d'optique ?+

Non. Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE est réservée à certaines catégories de créateurs, plafonnée à 25 % des cotisations concernées et doit être demandée dans les 60 jours suivant le début d'activité (articles L131-6-4 et D131-6-3 du code de la sécurité sociale). Sans demande, elle est perdue.

Paie-t-on la CFE l'année de création d'un magasin d'optique ?+

Non. La cotisation foncière des entreprises n'est pas due pour l'année de la création (article 1478, II, du code général des impôts). La déclaration 1447-C doit en revanche être déposée avant le 1er janvier de l'année suivante.

SASU, SAS ou SARL pour un magasin d'optique ?+

Le choix dépend du nombre d'associés, du statut social souhaité pour le dirigeant (président de SAS assimilé salarié, gérant majoritaire de SARL relevant des indépendants), de la rémunération envisagée et de l'entrée future d'investisseurs. Il se tranche sur vos chiffres, pas sur une règle générale.

Combien coûte l'accompagnement d'une création ou d'une reprise de magasin d'optique ?+

Chez Capway Finance, la création de la société est incluse dans le forfait Cap Départ, à partir de 219 € HT par mois ; les frais de greffe et d'annonce légale sont refacturés à l'euro près. Le prévisionnel bancaire est une mission distincte à 750 € HT. La paie est facturée au bulletin.

Auteur

Zouhair Habbach, expert-comptable

Expert-comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables Paris Île-de-France, gérant de Capway Finance. Page mise à jour le 23 octobre 2026.

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